Hausse de loyer : comment savoir si elle est abusive et la contester
Vous avez reçu un avis de majoration de loyer ? Voici comment évaluer si elle est justifiée, et comment la contester si elle ne l'est pas.
Le délai : 30 jours, sans exception
Une hausse de loyer se conteste devant la Commission de conciliation en matière de baux et loyers, dans un délai de 30 jours à compter de sa réception (par prudence, comptez plutôt depuis la date d'envoi indiquée sur le pli). Passé ce délai, la hausse est acquise, même si elle était injustifiée. Le bailleur doit par ailleurs respecter un préavis minimum de 3 mois et 10 jours avant l'entrée en vigueur de la hausse, et utiliser un formulaire officiel — une hausse notifiée sans ce formulaire, ou mal motivée, reste contestable même après les 30 jours.
Les motifs de hausse les plus courants
- Taux hypothécaire de référence : une hausse de ce taux peut justifier une augmentation, mais seulement si le loyer qui en résulte n'est pas lui-même abusif.
- « Loyers du quartier » : un motif souvent invoqué, mais que le bailleur a beaucoup de mal à prouver devant les tribunaux — les chances de contestation sont généralement bonnes sur ce terrain.
- Travaux ou rendement insuffisant des fonds propres investis.
- Clause d'indexation : uniquement pour les baux de 5 ans minimum, liés à l'indice suisse des prix à la consommation.
- Hausse non motivée : contestable en tout temps, sans limite de délai.
Le calcul de rendement : votre meilleur argument
Pour les immeubles achetés ou construits au cours des 30 dernières années, un calcul de rendement est possible : il détermine, à partir du prix d'acquisition réel du bâtiment, le loyer maximal que le propriétaire peut légalement demander pour couvrir ses coûts et réaliser un bénéfice raisonnable sur ses fonds propres (marge actuellement plafonnée à 3,25 % par le Tribunal fédéral). Dans une grande majorité des cas où ce calcul est possible, il révèle que le loyer — avant même la hausse — était déjà abusif.
Pendant la procédure, votre loyer ne bouge pas
Tant que la contestation est en cours, vous continuez à payer votre loyer actuel, pas le loyer augmenté. Si la procédure aboutit en votre faveur, la décision s'applique rétroactivement à la date prévue pour la hausse — gardez de côté la différence entre ancien et nouveau loyer au cas où la hausse serait finalement confirmée.
Aucun risque à contester
- Le loyer ne peut jamais être fixé plus haut par un juge que le montant de la hausse notifiée.
- La procédure est gratuite devant les instances cantonales, et vous ne payez pas les frais d'avocat du bailleur même en cas de perte.
- Il n'existe aucune liste noire des locataires qui contestent — c'est une légende urbaine.
- Un congé de représailles suite à une contestation est rare et se conteste en général avec succès, grâce à la protection légale de 3 ans après toute procédure.
Comment procéder
- Notez la date de réception de l'avis de majoration.
- Vérifiez qu'il utilise bien le formulaire officiel et qu'il est correctement motivé.
- Envoyez votre contestation à la Commission de conciliation du lieu de situation de l'immeuble, dans les 30 jours, en indiquant le nom du bailleur (pas celui de la régie) tel qu'il figure sur l'avis.